février 11

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Hopper, dernier rappel !

Edward_Hopper-Nighthawks-1942

Juste avant la fin de l’exposition, j’ai eu la chance de pouvoir accéder aux tableaux du célèbre peintre américain, Edward Hopper. L’exposition qui a duré du 10 octobre au 3 février a eu un succès énorme, en effet plus de 780 000 visiteurs ont passé les portes du Grand Palais durant ces 4 mois. L’exposition a battu tous les records grâce au « bouche à oreille », mais surtout grâce aux choix et à la multiplicité des interprétations que représentent les œuvres d’Hopper…

4 heures d’attente dans le froid ?

Arrivée à 22h, le 2 février, munie de mon billet réservé sur internet 3 semaines auparavant, je me dirige vers l’immense file dont personne ne peut voir la fin. Chacun s’agite en criant qu’il y a 4 heures d’attente dans le froid. Heureusement, une femme de la très grande équipe qui s’occupe de l’expo (300 personnes mobilisées pour les 3 jours d’ouverture non-stop) me prévient que c’est pour les visiteurs n’ayant pas de billet. C’est donc 15 minutes plus tard, à 22h15 exactement que je peux enfin rentrer au chaud.

Une foule incroyable est présente à l’intérieur, toutes générations confondues, trépignant en attendant de pouvoir avancer, ou plutôt piétiner en direction du début de la visite. Vingt cinq vérifications de billet plus tard, me voici enfin dans une salle sombre où la tension se fait sentir. Certains visiteurs fatigués s’assoient à même le sol, d’autres pris d’énervement donnent des coups d’épaules qui ont alors le don d’exaspérer de vieux nostalgiques (hommes et femmes de plus de 70 ans devant l’image de l’Amérique des années 20 à 60).

Une entrée étouffante, un plat de résistance gastronomique et un dessert glacé

L’exposition débute par la présentation d’œuvres, tous formats confondus, d’amis ou artistes ayant inspiré Hopper. Trop de monde. Je passe rapidement les premières salles dans l’espoir de pouvoir respirer un peu.

J’ai trouvé la suite bien plus intéressante. Les tableaux du peintre sont exposés dans de grandes salles blanches et impersonnelles. Le style incroyable d’Hopper, la modernité qui ressort de ses tableaux, ces maisons souvent perdues au milieu d’un champ ou d’une forêt plongent le visiteur dans une ambiance inquiétante. Des questions fusent autour de moi, les visiteurs imaginent un monde autour de ces tableaux, tentent de trouver une explication à une situation étrange, s’émerveillent d’un petit détail caché en arrière-plan. Les usines abandonnées, les cheminées qui ne crachent aucune fumée, les rues désertes, les personnages aux mines sombres renforcent ce style si particulier qui intrigue le visiteur. Le « cadrage » d’Hopper est tout simplement incroyable, des tableaux semblent avoir été tirés d’un film d’espionnage des années 50.

Hopper ne se contentait pas de peindre une maison de face, illuminée de la couleur naturelle du soleil; il la peignait de loin, à demi cachée derrière une barrière dont on ne peut voir l’origine et éclairée par une lumière rasante, trop blanche pour être naturelle. Cet esprit passionne la foule qui se presse contre les tableaux (de manière raisonnable tout de même), les scrutant pour espérer trouver un indice les aidant à décrypter une œuvre aux mille facettes.

Ma visite s’achève une heure plus tard par la dernière œuvre d’Hopper, représentant  deux comédiens, (lui même et sa femme) saluant la foule au théâtre. Ce tableau est triste, les spectateurs ne sont pas représentés et le décor ne peut être plus sobre. Il rassemble tous les mystères de l’artiste.

L’exposition est maintenant terminée mais si vous avez l’occasion d’aller en Espagne, à Madrid, le musée Thyssen-Bornemisza accueille quelques oeuvres de l’artiste; si vous préférez traverser l’Atlantique, les musées Dallas Museum of Art (Texas) et le Whitney Museum American of Art, à New York, ont également des expo permanentes de Hopper. Des occasions à ne pas rater !

 Camille Asquin

A lire aussi : Hopper, et hop au Grand Palais

Crédit photo : http://louisegoingout.fr/archives/461

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