Vers un divorce Anglo-européen ?

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« Si nous quittons l’Union européenne, ce sera un aller simple, sans retour. » C’est ce que l’on peut appeler une phrase choc. Cette déclaration de David Cameron, Premier ministre anglais a suscité une vive polémique au sein d’une Europe déjà en crise.

Un ton sans concession

Le 23 janvier dernier, David Cameron, locataire du 10 Dowining Street a ainsi affirmé son désir d’appeler les Britanniques à un référendum, d’ici 2017, sur la question de l’Union Européenne et la présence, ou non, du Royaume-Uni en son sein. Cette décision fait suite à la pression de plus en plus forte des eurosceptiques du parti conservateur anglais, famille politique du Premier Ministre (PM)…
Si, depuis sa déclaration, Cameron essaye de rassurer ses partenaires européens sur ses véritables intentions, affirmant qu’il souhaite une Europe « plus compétitive, plus ouverte et plus flexible » et non une « source de coûts pour le monde des affaires », les réactions ne se sont pas fait attendre, notamment du côté français. Pourtant, le Premier Ministre ne semble pas vouloir transiger sur son ambition de réformer une Europe « dépassée dans la compétition mondiale et négligée par les investisseurs ».
Il n’est cependant pas certain que Londres gagne à sortir du marché unique européen. En effet, cela ne lui permettrait que d’économiser l’équivalent de 1% de son PIB. De plus, cette décision semble inquiéter les entreprises anglaises, dont les exportations sont essentiellement vers l’Europe. De grandes figures des milieux d’affaires comme Richard Branson, fondateur du groupe Virgin, se sont inquiétées de ce projet qui « reviendrait à (…) créer une incertitude dommageable pour les entreprises britanniques ».

De gros risques économiques

Pour les entreprises étrangères, le problème est le même. Ainsi, l’incertitude du maintien du Royaume-Uni dans l’Europe ne permet pas de confiance sur les termes des échanges commerciaux avec le pays dans le futur. De surcroît, l’Union Européenne est le premier partenaire commercial du Royaume Uni. Stéphane Deo, chef économiste Europe chez UBS à Londres affirme que « Si [le pays]  sortait [de l’UE], il serait alors obligé de négocier un traité commercial, à l’instar d’autres pays non membres comme la Suisse. »  Enfin, cela signifierait la fin des accords commerciaux signés avec le Royaume-Uni, résultant en des droits de douane exorbitants pour accéder au marché européen. Ainsi, l’hebdomadaire The Economist estime ces taxes de 55 % à 200 % selon les produits.
Une sortie de l’Europe toucherait également directement le centre financier du pays : la City, le risque étant que les banques étrangères fuient Londres, au profit d’autres places financières européennes, à l’avenir plus sûres. Or la finance représente 9,6 % du PIB britannique, selon le rapport annuel de l’association professionnelle TheCityUK.

Cependant, le chef de l’éxécutif britannique peut se réjouir d’avoir reçu, suite à son discours, le soutien d’une cinquantaine de dirigeants d’entreprises de haut rang, ayant affirmé leur soutien dans une lettre au Times. Si les signataires restent, pour une grande partie, proches du parti conservateur, on retrouve parmi eux des grands noms du luxe, comme les patrons de Burberry ou Rolls Royce ou encore le président de la bourse de Londres, le français Xavier Rolet.
David Cameron rappelle également qu’il s’agit d’un débat et qu’une sortie de l’Europe n’est pas à l’ordre du jour, le référendum étant prévu entre 2015 et 2017. Cependant, un récent sondage montre que si le référendum avait lieu aujourd’hui, 40% des Britanniques seraient  pour une sortie de l’Europe, contre 37% en faveur d’un maintien… Rien n’est donc encore joué.

Marion Russell

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Sources:
http://www.lefigaro.fr/international/2012/07/02/01003-20120702ARTFIG00621-cameron-tente-par-un-referendum-sur-l-ue.php

http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/01/25/le-coup-de-poker-de-david-cameron_1822474_3234.html?xtmc=referendum&xtcr=6

http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/01/18/le-royaume-uni-n-a-aucun-interet-a-quitter-l-union-europeenne_1818938_3234.html

Crédit Photo : http://www.lemonde.fr/europe/article/2013/01/23/david-cameron-le-funambule-de-l-europe_1821269_3214.html

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