L’Art de rue

Le Street Art est un mouvement artistique qui se développe à partir des années 60 ; le XXIe siècle sera son apogée. Il englobe un grand nombre de techniques différentes (graffitis, pochoir, mosaïque, stickers…) et joue sur le caractère éphémère des œuvres. Cet art peut être purement esthétique mais cherche souvent à faire passer un message, souvent une dénonciation, comme à ses débuts, lorsqu’il s’agissait de critiquer le pouvoir et d’échapper à la pauvreté des ghettos américains.

Tour Paris’13

L’exposition Tour Paris ’13 était l’événement de Street Art à ne pas manquer en cette rentrée. Pour ceux qui ne savent pas de quoi s’il agit et bien c’est un bâtiment de 9 étages en face de Bercy déserté par ses locataires en attendant la construction d’un nouveau logement flambant neuf au même emplacement. Grâce au soutien du propriétaire, ce bâtiment a été mis au service de 104 graffeurs de 16 nationalités différentes pendant une période de sept mois pour laisser libre cours à la magie du Street Art. Comme vous l’avez compris, ce bâtiment a pour but d’être détruit et vous n’aviez donc que 30 jours pour le visiter, c’est-à-dire tout le mois d’octobre. Cette exposition éphémère a été initiée par le directeur de la galerie Itinerrance fondée en 2004, Medhi Ben Cheikh et par le maire du XIIIe arrondissement, Jérôme Coumet. Certains d’entre vous doivent se sentir amers de ne pas l’avoir vue, en effet, le petit mois réservé à l’exposition et les cinq heures de queue en ont découragé plus d’un. Cependant, un objectif de cette exposition était de sauver ces surprenants décors sur la toile. Les internautes ont relevé le défi et vous pouvez, désormais, retrouver l’intégralité de ces œuvres le site http://www.tourparis13.fr/. Cette gigantesque entreprise a permis la reconnaissance publique du Street art France.

Le Street Art, entre art et vandalisme

TourParis 13 a relancé un débat : Le Street Art est-il un art ? Et s’il en est un, où est la limite entre art et vandalisme ? Tout d’abord, au niveau juridique, pour qu’un tag soit légal, il faut que le propriétaire du support soit en accord avec le graffeur et que le graf respecte la loi : pas d’incitation à la haine, respect des règles d’urbanisme… C’est le cas de Miss Tic, plasticienne et poète d’art urbain qui demande toujours l’accord des propriétaires avant de graffer. En France, les peines encourues pour une « destruction, une dégradation ou une détérioration volontaire d’un bien appartenant à autrui » peuvent aller de la simple contravention aux travaux d’intérêt général et même jusqu’à deux ans d’emprisonnement. Peines plutôt lourdes dont on ne doute pas qu’elles ne sont pas appliquées quand il s’agit de s’exprimer librement sur un mûr. Certains pays vont jusqu’à réguler la vente des bombes aérosol. Mais le plus choquant est sûrement les campagnes anti-graffitis lancés en 1982 aux Etats-Unis « Make your mark in society, not on society » ( fais ta marque dans la société pas sur la société). Cet art, majoritairement illégal, a su conquérir le cœur du public et compte de nombreux adeptes. Cet art engagé est fortement demandé dans les galeries et même par quelques municipalités. Certains espaces sont même mis à la disposition de ces artistes hors-normes comme l’association MUR qui a consacré une façade dans le Marais et qui la renouvelle toutes les deux semaines.

Banksy, un mois à New York

Si vous ne vivez pas dans une grotte, vous n’avez pas pu échapper à la vague médiatique soulevée par l’artiste controversé et anonyme Banksy. En effet, avec son exposition new-yorkaise « Better out than in » aussi géniale qu’illégale, ce graffeur originaire de Bristol, a fait beaucoup parler de lui. Chaque jour, il nous a offert une nouvelle œuvre faite au pochoir dans New York mais toujours dans l’optique de dénoncer un fait ; ses thèmes préférés : le travail des enfants, le 11 septembre, la reconnaissance du Street Art… Mais bien-sûr, ce dernier n’est toujours pas acquis même dans la ville qui a fait naître le Street Art et en particulier le graf. L’ancien maire de New York, Michael Bloomberg n’a pas hésité à condamner les œuvres de Banksy qui sont pourtant bien loin de ressembler aux tags faits par des ados pré-pubères sur le RER C : « Les graffitis ruinent les propriétés privées et sont un signe de décadence (…) Personne n’est un plus grand soutien des arts que je le suis. Je pense seulement qu’il y a des endroits dédiés à l’art et d’autres non. S’attaquer à une propriété privée ou publique et la dégrader ne correspond pas à ma définition de l’art. Ou c’est peut-être de l’art mais cela ne devrait pas être autorisé, et je crois que c’est exactement ce que dit la loi”.

Le débat sur cette forme d’art n’est toujours pas clos et les artistes sont toujours censurés. Les philosophes des siècles passés n’étaient-ils pas, eux aussi, persécutés ? Pourtant, ils sont dans nos manuels d’Histoire…

 Fanny Gavelle

Voir aussi :

http://www.itele.fr/culture/video/le-street-art-monte-dans-la-tour-56704

https://www.youtube.com/watch?v=CNzXKEC333c#t=89

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