Societé et Science : relation paradoxale

La science, depuis qu’elle existe, a toujours cherché sa place par rapport à la société, ne sachant si elle devait en être au centre, la côtoyer ou prendre ses distances. C’est pourquoi aujourd’hui, la relation entre la société et la science est très particulière.

Les médias (journaux, films, magazines, etc.) parlent de plus en plus de la science et de ses applications. Mais, malheureusement, l’information est souvent incomplète, orientée voire manipulée. De ce fait, lorsque les personnes entendent une version – pourtant vérifiée – différente de celles qu’elles entendent habituellement, elles sont étonnées ou perplexes. Ainsi, les médias ont la main mise sur les informations par rapport à la science, et la vérité complète n’est que trop peu diffusée. Seuls quelques magazines expliquent clairement, sans rien cacher, les progrès de la science, ses ratés comme ses réussites (ex : Science & Vie, Science & Avenir, La Recherche …). Nous sommes de plus en plus « bombardés » d’informations inquiétantes sur les produits chimiques, le réchauffement climatique, le mercure dans le poisson, et bien d’autres encore.

Une bonne et une mauvaise science ?

Le cinéma a inculqué aux gens une peur de la science, avec des films tels que Je suis une légende, dans lequel un virus censé soigner le cancer est à l’origine d’une d’apocalypse, ou encore Contagion, ici un virus mutant et mortel tue peu à peu la population mondiale. De plus, les médias exagèrent la plupart du temps, ce qui crée un état de panique, comme avec le réchauffement climatique, les OGM, etc… Ainsi, les critiques remontent des effets à la cause présumée, c’est à dire la science.

D’un autre côté, on a toujours entendu parler des découvertes scientifiques révolutionnaires, comme le traitement contre le VIH, les énergies renouvelables, la première implantation d’un cœur artificiel ou autres avancées bénéfiques pour le monde.

Ainsi, un paradoxe est créée : on voit une science capable de prouesses comme de catastrophes.

Un manque de culture scientifique  

Un autre problème est que nous sommes dans une société d’usage des technologies, sans avoir connaissance des principes scientifiques qui les créent. Les débats sur la science sont donc délicats, et les citoyens veulent naturellement y participer malgré leur manque de connaissances sur la plupart des sujets. De cette inculture scientifique naît une brèche dans la science, brèche dans laquelle idéologies, croyances, ou encore sciences occultes s’immiscent progressivement .

Nous oublions donc la fonction la plus évidente de la science qui est de transmettre des connaissances sur le monde et ses phénomènes au plus grand nombre et préférons privilégier la mise en scène de son aspect spectaculaire !

La science est aussi menacée par son manque d’attrait scolaire. En effet, il a été constaté que les jeunes élèves sont de moins en moins mis en contact avec la science, et qu’ils abandonnent donc les cursus scientifiques dans le supérieur. Ils pensent qu’ils seraient inutiles au monde de la science, et privilégient leur statut social – qu’ils imaginent mauvais lorsqu’on est scientifique.

Une crise de la patience frappe également le domaine scientifique : les étudiants se dirigent directement vers le plus rentable ou le plus productif.

C’est pour cela que la relation entre la science et la société d’aujourd’hui est très particulière : nous en avons besoin, mais elle nous effraie. Les médias manipulent les découvertes scientifiques, exposant celles qui vendront le plus. Le cinéma expose de nombreux scénarios catastrophes, souvent causés par la science. Les étudiants abandonnent la recherche scientifique, et ce secteur manque alors de main d’œuvre. Ou plutôt de cerveaux.

Félix Rollet

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