La chasse : chassons les préjugés

Devant le chateau du duc de Beaufort, le maître d'équipage rasemble les chiens avant le départ pour la chasse. Entre le cavalier et la meute, la connivence est totale. L'entente au sens propre, est absolue.

Le chasseur, homme nature

Le chasseur n’est pas un meurtrier. Au contraire il serait plutôt l’héritier d’une culture ancestrale en symbiose avec la nature. En effet, qui mieux que le chasseur arrive à approcher cerfs et renards ? Qui mieux que le chasseur sait imiter le chant du canard ou le cri amoureux du chevreuil lors de la période du rut ?

Certains accusent les chasseurs d’être inhumains, d’être les bourreaux d’innocentes créatures. Je ne comprends pas ces gens là. D’ailleurs, il m’apparaît que leur réaction est justement preuve de leur ignorance de la nature et des animaux. Pourrait-on seulement reprocher à l’homme ce qui est de son essence, ce comportement peut-être primitif, mais ancré depuis sa naissance dans son instinct de survie.

 

Une activité bien plus humaine que l’élevage

D’autres, un peu plus lucides, pourraient cependant avancer que si l’homme ne peut nier qu’une partie de son esprit reste et restera pour toujours animale,  il ne peut pour autant se réduire à la condition de l’animal, qui, lui, chasse par besoin et par nature. Il est vrai que de nos jours, la chasse n’est plus essentiellement un moyen de subsistance. Pourtant, c’est bien regrettable. Qu’est-il de plus humain : l’élevage intensif qui conduit fatalement l’animal à une mort brutale après une vie derrière les barreaux ? Ou bien la chasse qui oppose l’homme, prédateur, et la proie libre de s’enfuir, libre après avoir vécu dans un écosystème libre et qui, par dessus tout, a une chance de s’en sortir ? La seule critique cohérente de la chasse est donc celle des végétaliens.

 

Le retour aux origines

Ce qui me plaît dans la chasse, c’est surtout le côté convivial et serein. On s’y fait souvent ses meilleurs amis. Une activité simple, dans un environnement rustique. On s’y sent bien. En partie car notre euphorie urbaine y est calmée. D’ailleurs, combien d’entre vous ont l’occasion de passer une journée entière à goûter la nature, intacte ? La chasse est reposante. Elle libère vos sens de leurs tourments citadins: écrans, pubs, klaxons, travaux, trains, sirènes et alarmes, fumée, ordures, radio, foule criarde et effrénée, nervosité.

Bienvenue dans l’enfer de nos villes démentielles.

La chasse au contraire, remplit vos narines d’une odeur pure, pendant que vos oreilles profitent de la musique de la forêt et vos yeux de splendides panoramas.

En outre, la chasse est toujours prétexte à se retrouver entre amis et à préparer un festin. Il y règne une atmosphère chaleureuse et bon vivant qui ravis les plus petits comme les plus grands. On y rit, on y débat, on y discute entre amis. Un ambiance de fête intergénérationnelle. Le seul inconvénient est peut-être de s’y rendre, mais c’est peu cher payé pour autant de plaisir.

Photo : LADEPECHE.fr

La loi de la jungle ?

A l’inverse des croyances de certains, la chasse est extrêmement codifiée et rigoureusement observée. Tout d’abords, il existe des saisons de chasse respectant le cycle biologique de reproduction des animaux (la chasse s’interrompt au printemps et recommence en automne). De plus, toutes les espèces ne peuvent être chassées : les espèces rares et notamment certains oiseaux ne peuvent être tirés. Comme réponse à ceux qui penseraient que les chasseurs commettent régulièrement des génocides animaliers, il faut savoir que sont imposés des quotas maximum de gibier en fonction de la taille et de la position géographique du domaine. Par exemple, avant le début de la chasse, en fonction des quotas, les chasseurs déterminent le nombre de gibier par personne de manière à ce que tout le monde puisse être à égalité. Enfin, il est important de savoir que les espèces chassées sont souvent très prolifiques (sangliers, chevreuils, lièvres) ou bien semi sauvages (c’est à dire qu’il sont introduits jeunes sur le domaine puis s’adaptent à celui-ci nourris plus ou moins naturellement). Ces perspectives donnent à la chasse un aspect régulateur souvent très approuvé par les agriculteurs locaux. Les fermiers sont d’ailleurs souvent de fins chasseurs et savent s’occuper de l’animal une fois chassé. Ils sont maîtres du dépeçage et du découpage.

 

Des produits gage de qualité, de naturel et de goûts hors du commun

La semaine dernière, j’ai goûté un steak de biche cuit à la poêle sur un fond de beurre demi-sel. Il était absolument délicieux. De la même manière, les produits de la chasse sont souvent très recherchés et vendus à prix d’or aux restaurateurs. En effet, les magasins traditionnels pour des raisons d’hygiène n’ont pas le droit de les commercialiser. La caille, la bécasse, le faisant ou le canard sont délicieux lorsqu’ils sont bien préparés.

Sainement nourris, ces animaux sont bien plus appétissants et naturels que des poulets d’élevage, aussi fermiers soient-ils. Les gigots des plus grosses pièces sont eux aussi appréciés mais un peu moins répandus étant donné qu’ils peuvent être considérés comme moins fins. Les produits de la chasse constituent par ailleurs les éléments centraux de recettes ancestrales qui depuis le Moyen Âge régalent à toutes sortes de banquets.

 

Vous l’aurez compris, la chasse me séduit. Elle me séduit par ses images, ses goûts, ses odeurs. Mais ce n’est pas une raison pour ne pas se poser de questions.

Je comprends que pour beaucoup le rapport direct avec la mort et le sang peut être insupportable. Je suppose que c’est à cause du fait que plus personne aujourd’hui ne découpe sont gigot, plus personne ne plume son poulet, plus personne n’arrache l’hameçon de la gorge de son poisson. Évolution ? Certainement. Égarement ? Possiblement. Humanisme ? Pas forcément.

Jean de Miramon

Pour aller plus loin :

La carte des périodes de chasse

Les espèces chassables

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Le jugement

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