septembre 30

La rentrée

C’est dans ces jours, préambules à une année d’ébauche acharnée et de débauches décharnées que je comprends le sens de ce cours de sixième :

Le cycle de l’eau, éternel retour de ces caractères imprimés, ces migraines manuscrites, qui sont alors, on s’en doutait, au rendez-vous.

On s’en doutait. Mais on ne voulait pas l’admettre. On s’était persuadé pendant l’été que cette année-là,

notre détermination et notre optimisme, enfin, vaincrait de nos velléités de travail ;

que nos efforts et notre temps s’éloigneraient de nos écrans pour se diriger à pas sûrs vers notre paillasse.

Mais en vain. Une fois de plus, marchant sur la voie de la réussite, nous nous heurtons en chemin à un obstacle infranchissable :

nos cours, ramassis de notes baveuses colorées comme la Gay Pride, milk-shake incompréhensible de miettes glanées de la bouche du professeur, du temps qu’il faisait et du dessin dans la marge sur lequel nous nous extasions depuis quelques heures.

Et après avoir escaladé ce menhir planté sur notre route, à grand renfort de rattrapages auprès de l’organisation en personne, nous regardons au loin,

vers le soleil levant de notre vie future, et quelque chose nous fait douter de notre capacité à atteindre ces doux rivages un jour…

C’est une myriade de pierres taillées, s’élevant fièrement sur notre chemin, et leurs noms nous semblent affreusement familiers…

Shangwu Meng

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