#Urbex : s’évader dans la ville

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Je vais vous parler d’une activité que je pratique durant mes temps libres. Je sais que ce n’est pas commun et que ça peut vous paraître un peu bizarre mais c’est quelque chose que j’aime beaucoup faire : l’Urbex.

L’Urbex c’est quoi ? Abréviation de “Urban Exploration”, Exploration Urbaine en français, c’est un passe-temps, qui s’est très vite transformé en passion. Le principe ? Visiter des endroits abandonnés, fermés, isolés, privés d’occupation ou de vie depuis des années. Visiter. Visiter à la recherche de tout et n’importe quoi, repérer les détails qui nous transportent dans le passé, qui nous rappellent que ce lieu a eu une histoire, son histoire, et ainsi que le temps et la nature ont complètement transformés l’endroit.  

D’où m’est venu l’idée de commencer l’Urbex ?

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C’était il y a quelques années, je n’ai pas la date précise mais c’est il y a au moins 5 ans, dans le Loir-et-Cher que tout a commencé. J’y ai une maison de vacances dans un village très retiré, et de ce fait les activités là-bas sont assez limitées. Je ne pourrais pas dire précisément quand ça m’est venu, c’était surtout en faisant du vélo aux alentours, dans les champs, la forêt etc… que je repérais ici et là quelques maisons bien mal en point. Au départ je m’en  foutais un peu et je continuais ma ballade sans l’interrompre. Et puis un jour, ayant invité un ami je lui fais faire le même petit tour en vélo dans les environs pour lui faire découvrir mon “bled”. On est passé dans les mêmes champs, la même forêt et devant la même maison que la fois précédente sauf que là mon pote l’a remarquée, on était deux, c’était une vieille maison et, d’une façon inexplicable je lui ai dit “Et si on y entrait ?”. Je trouvais ça cool, lui aussi, on distinguait à peine la maison avec toutes ces hautes herbes, on se fraya un chemin, et on entra. Mon cœur battait rapidement je ne sais pas trop pourquoi, peut-être à cause de ce silence qui régnait, du fait de l’inoccupation de la maison et de l’endroit où elle se trouve, évidemment pas en plein “centre bourg”. Alors voilà sans doute l’adrénaline qui me dopait un peu mais bon on l’a visité cette maison, et puis après on a enfourché nos vélos puis nous sommes rentré. On était content de ce qu’on venait de faire et on trouvait ça excitant.J’ai dû faire en tout trois maisons à tout casser là-bas. Je les trouvais par hasard, je ne les cherchais pas vraiment. Je me baladais, je tombais dessus, je les visitais et ça s’arrêtait là.

Urbex3 Et puis un jour, il n’y a pas si longtemps que ça, sans doute aux alentours de juin, j’étais à Versailles chez moi, et d’un coup, comme ça, alors que je devais être en train de rêvasser, je me suis senti con ! Il y avait maintenant cinq ans que j’avais fait ma première visite (comme je le disais précédemment je n’en avais fait que trois à ce moment-là et je les avaient toujours faites là-bas, dans le Loir-et-Cher). Je me suis senti con de ne m’être jamais dit “Et si je me mettais à visiter ici, en Ile-de-France ?”, con de n’y avoir jamais pensé. Contrairement à là-bas, j’étais autonome, en tout cas plus dépendant des distances réalisables à vélo ; j’avais les trains, les bus, les RER et les tramways pour me déplacer. Ça a commencé avec trois mots tapés sur un moteur de recherche, c’est devenu un véritable hobby. J’ai découvert le mot “Urbex”, je l’ai rattaché à un hashtag et  j’ai découvert plein de gens pratiquant cette activité, j’ai admiré leurs photos, j’y ai posté des commentaires et je leurs ai posés des questions sur l’Urbex. C’est là que tout a commencé…

 

  Le Château du Chocolatier

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Mardi 17 Juin 2014 : première Urbex en Île-de-France

Destination : Un château Abandonné dans un parc des Hauts-de-Seine

 

J’y emmène un groupe, nous sommes à peu près 8. Après 1h30 de train et 3 km à pied, nous entrons dans ce fameux parc, c’est un parc public mais peu fréquenté. On progresse. Je commence à me demander si le Château est vraiment là, s’il n’a pas brûlé, s’il ne s’est pas effondré ou s’il n’a tout simplement pas été rasé. On avance, c’est un petit sentier dans un bois, toujours dans le parc. On lève la tête. Il est là. C’est une énorme bâtisse en ruine, de style néo gothique, qui s’élève sur trois étages. Du fait de la saison, les hautes herbes l’entourent complètement. Le château se terre derrière des barrières de deux mètres de haut où des pancartes arborant l’inscription “ACCÈS INTERDIT DANGER – Risque de Chutes de Pierres et d’Effondrement” sont placardées. On est venu pour ça alors on continue, on passe par dessus, on monte quatre petites marches et on entre… On se trouve dans l’ancien hall d’entrée. Devant nous, ce qui semble être un vieil escalier, au dessus de notre tête, trois étages plus haut, une verrière : on distingue seulement son armature rouillée, plus de traces de verre. Le château en lui-même n’était pas pour ainsi dire très intéressant, mais à cette époque n’ayant fait que quelques maisons il me semblait gigantesque. Aujourd’hui, après quelques explorations de plus et un peu de recul, il a encore moins d’intérêt  : plus un seul meuble, des tags de partout (et pas de très bon goût), des gravas du fait de l’effondrement des escalier principal et de service, plus de toit, plus de plancher, plus de verreries, plus de miroirs ou de meubles d’avant. Rien du tout. Seul le sous sol était plutôt sympa : on était entièrement dans le noir et on progressait à la torche de notre iPhone, c’était un peu flippant parce que d’autres explorateurs s’étaient amusé à dessiner des têtes de morts partout. Plutôt éprouvant Ahah ! On a également vu l’ancienne cuisine, on distinguait un ancien lavabo, une cuisinière, un plan de travail et une cheminée, comme je le disais quelques lignes plus haut ça n’était pas palpitant mais c’était quand même cool pour une première en Île-de-France ! C’est après cette journée que je me suis rendu compte que nous étions beaucoup trop. Une bonne Urbex se fait à deux ou trois, c’est d’ailleurs comme ça que je les fait maintenant. De cette façon on est plus prudent, on fait moins de bruits, on est plus sensibles aux bruits ou aux mouvements… mais surtout on est plus discret et ça c’est indispensable pour faire de l’Urbex !

Prochain #Urbex : les règles du jeux et la Clinique des Tuberculeux 😉

QP

 

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A voir !  Urban Escape (trailer)

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#Urbex : Clinique du Bois Mort

Matthieu Pégard

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