Avant d’aller dormir, ou l’ennui soporifique

Avant d’aller dormir (Before I go to sleep en VO) est une adaptation du roman éponyme de J.S.Watson réalisé par Rowan Joffe, avec dans les rôles principaux Nicole Kindman (Paperboy, Stoker, Moulin Rouge !), Colin Firth (Le Discours d’un Roi, Mamma Mia !) et Mark Strong (John Carter, Kick-Ass).

L’histoire d’une jeune femme, Christine Lucas, qui doit vivre avec un cas particulier d’amnésie : à chaque fois qu’elle s’endort tous ses souvenirs de la veille sont effacés. Avec l’aide du Dr Nasch, elle suit une thérapie avec pour objectif de se souvenir de l’accident qui a provoqué ce traumatisme. Au fur et à mesure, elle se rendra compte que sa vie n’était que mensonges… Le pitch de départ semble super intéressant, me direz-vous. Tout semble indiquer qu’on a un thriller psychologique de la même tranche que Memento ou Un jour sans fin. « Qu’est-ce qui te permet de mettre un titre aussi provocateur à ton 1er article ? » Si vous saviez…

 

Avant de commencer, je tiens à préciser que je ne peux pas parler de la fidélité de son adaptation, n’ayant moi-même eu aucune connaissance de l’existence du roman original avant la sortie du film. Peut-être est-il mieux, je n’en sais rien. Alors fans incontestés du roman, avec ce qui va suivre, lâchez vos fourches haineuses et retenez-vous de me tuer car j’avoue d’avance cette énorme lacune.

 

Allons, ne soyons pas tout de suite de mauvaise foi et accordons à ce film ses quelques qualités. Il y a eu un effort au niveau du montage : les effets sonores tel que le téléphone qui la réveille tous les matins avec exactement le même discours au bout du fil, ou encore lorsqu’elle revoit les vidéos de la veille démontrent un cycle, un continuel et éternel recommencement tant son esprit se « réinitialise » tous les matins. De plus, au niveau des acteurs, rien à redire; on retrouve bien là une qualité de jeu irréprochable (après, libre à vous d’aimer ou non le jeu de chacun). Le suspense est au rendez-vous, après tout Joffe nous a déjà montré l’étendu de son talent dans l’écriture de The American (réal. Anton Corbijn). On oublie vite la musique, elle est même inexistante, mais ça rajoute d’avantage d’oppression (oppression déjà construite notamment avec l’utilisation de lumières naturelles en extérieur pour un effet plus authentique).

Bon, maintenant que le quart d’heure “brossage de poil aux adorateurs du film” est passé, allons au cœur même du sujet; qu’est-ce qui ne va pas avec ce film?

Et bien… ça ne vole pas haut. Ou comme on dirait plus familièrement “ça ne casse pas trois pattes à un canard”. Pour un film qui se vendait à travers sa bande-annonce comme un film à la Hitchcock, la chute est grande. Mais surtout ce qui gâche tout, ce qui fait préjudice au film lui-même c’est son scénario. Je ne spoilerai pas le film, mais il y a un élément, un trait physique plutôt, sur lequel on doit s’appuyer pour savoir ce qui s’est passé. Un élément important en plus, vu qu’il revient dans la majorité des flashbacks de Christine. Quand on a un minimum de jugeote, et qu’on associe cet élément à un personnage, dès les 10-20 premières minutes du film on devine déjà la fin. Vous imaginez que l’heure qui reste à supporter est longue, mais longue ! Même les tuiles du plafond de la salle sont bien plus intéressantes à regarder que le reste du film, avec son épilogue bien trop mielleux après les scènes de suspense qu’on a vu précédemment.

Au final, même si le montage est efficace et les acteurs sont bons, le scénario fait défaut au film et on se retrouve avec un ensemble passable mais sans plus. Et c’est dommage : c’est comme si on avait tous les ingrédients pour faire un très bon gâteau, genre une pièce montée ou une oeuvre de chef cuistot,  pour au final se retrouver avec… un gâteau au citron.

Tic

 

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