American Horror Story : une série à glacer le sang, mais surtout à le faire gicler

“Beaucoup de séries TV s’effacent de votre mémoire assez rapidement. Cette série va hanter vos rêves”, comme dit le critique Chuck Barney, ici. C’est donc sans beaucoup de surprises que la série d’horreur “American Horror Story” fait à nouveau le buzz dans l’actualité : c’est maintenant la quatrième saison qui a commencé le 8 octobre dernier : “Freak Show”.

Si vous voulez regarder votre petite série gentille sans avoir besoin de beaucoup réfléchir le samedi soir après The Voice, faîtes demi-tour vous n’êtes pas au bon endroit !

En revanche si vous êtes adeptes de maisons hantées, d’un asile psychiatrique – dans lequel on devra vous enfermer à la fin de la saison -, d’un couvent de sorcières, de bébés morts, de tripes, de chairs à l’air, de violeur en tenue latex, d’êtres défigurés, de tueurs psychopathes qui habillent leur maison avec la peau de leurs victimes etc., vous avez frappé, peut-être pas de votre plein gré, à la bonne porte.

 

 

Un démarrage en trombe

La première saison sortie en 2011 aux États-Unis a immédiatement connu un grand succès avec plus de 3 millions et demi de téléspectateurs pour l’épisode pilote (petite performance face aux 6 millions pour celui de la saison 4), du fait d’un concept clé.

Le principe central de cette série, bien qu’il n’explique pas son immense succès pour la première saison, notamment sur les réseaux sociaux ( Tumblr particulièrement), est l’anthologie, ou le principe du “on prend les mêmes et on recommence”. Sauf que là, on recommence une histoire complètement différente, dans des univers tous plus divers et variés les uns que les autres,  avec les mêmes acteurs mais dans différents rôles. On a donc par exemple le célèbre acteur Evan Peters (qui en a fait rêver plus d’une de part son physique de vendeur de livres érotiques dont il jouera le rôle dans Adult World) qui passe dans la saison 1 de fantôme d’un dangereux et langoureux psychopathe à une sorte d’arriéré mental incapable d’aligner deux mots suite à un maladroit et novice assemblage d’organes découpés et prélevés sur les (nombreux) corps de ses amis, dans le but illusoire de créer un boyfriend au physique parfait, mais à l’intelligence d’un chou-fleur politicien.

           

 

Si la saison 1 vous empêchera à jamais de rentrer dans une maison sans craindre de vous faire massacrer par votre propre lampe de chevet, c’est selon moi la saison 2 qui est la plus psychologiquement dérangeante. Le synopsis à lui seul donne des frissons : l’histoire de l’asile psychiatrique de Briarcliff en 1964, où de nombreuses personnes sont internées pour de plus ou moins bonnes raisons, comme Lana Winter qui l’est contre son gré ou Grace qui a délicatement haché sa famille. Outre la destruction totale des mythes de votre enfance avec de nombreux Père Noël proprement exécutés, le principe de l’instabilité psychiatrique évoqué dans cette saison vous contaminera, et vous pourriez à votre tour jouer dans la prochaine saison de AHS… En tant que patient, bien évidemment.

 

Halloween : une veine pour les séries d’horreur

Tout aussi évidemment, Ryan Murphy (le créateur et producteur de la série avec Brad Falchuk) a profité de la période de diffusion pour rendre les 3e et 4e épisodes de la saison 4 encore plus flippant : Halloween.  Période beaucoup plus importante aux Etats-Unis qu’en France, (où Hallowen reste un fête très commerciale et pratiquée par peu de gens). Là-bas, à cette période de l’année toutes les maisons sont décorées – du sol au plafond en passant par le jardin et l’arrière-cour – de citrouilles,  lanternes, squelettes, fantômes et autres fantaisies. Le soir même, c’est la quasi-totalité de la population qui se retrouve dans les rues, déguisée, en menaçant les gens de leur jeter un sort (ou des oeufs) s’ils ne leur donnent pas de bonbons. En bref, une aubaine pour les séries d’horreur comme AHS qui gagnent en crédibilité.

 

Mais contrairement à ses débuts, American Horror Story ne monopolise plus le marché du glauque, c’est en effet un sérieux concurrent qui a fait son entrée aux USA (encore…) au printemps : Penny Dreadful. Toujours dans le thème de l’horreur psycho-sexuelle, cette série est d’après les critiques, plus lente, donc plus soignée que AHS. Elle va même jusqu’à faire un pied-de-nez en annonçant pour leur deuxième saison l’arrivée de la star de Broadway qui a joué dans American Horror Story, Patti LuPone, en plus de s’offrir les services d’Eva Green (nue).

Bien que la saison 4 ai commencé il n’y a qu’un peu plus d’un mois, FX (la société de production) a d’ores et déjà annoncé une saison 5 d’American Horror Story, pour le plus grand plaisir des hôpitaux psychiatriques en manque de patients.

Ryan Murphy a dépassé l’anthologie avec la saison 4, il est passé au “on prend les mêmes, on en ajoute d’autres, et on fait mieux”, notamment avec la présence de Neil Patrick Harris, la star d’How I Met Your Mother dans le casting.

AHS ne finira donc pas de sitôt de nous effrayer malgré la présence d’autres concurrents, elle tient une très bonne place dans le classement des séries d’horreurs (et pas seulement).

Une série à voir ! … Mais peut-être pas seul, le soir d’Halloween, dans une cave, lumière éteinte.

 

Roulio

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