Lucy: l’existence et le temps selon Luc Besson

 

“Lucie, Lucie dépêche toi, on vit,

On ne meurt qu’une fois…

Et on n’a le temps de rien,

Que c’est déjà la fin mais…”

 

Comment ça c’est une manière cheap de commencer une critique de films ?

Lucy est un film français *imitation de coq mal fait* d’action et de science fiction de Luc Besson avec Scarlett Johansson (Avengers, Ce que pensent les hommes, Iron man 2), Morgan Freeman (la trilogie du Dark Knight, Bruce tout puissant, Seven) et Choi Min-sik (connu surtout pour ses caricatures d’asiatiques gangsters dans des séries B le midi sur TF1). L’histoire de Lucy, kidnappée par la mafia coréenne, qui se retrouve avec un sachet d’une drogue inconnue dans son ventre. Mais pas de bol son contenu se propage accidentellement dans son ventre. Elle va découvrir très rapidement que cela s’est répandu dans son organisme, et que ses capacités mentales se sont décuplées à une vitesse fulgurante.

Que dire de plus si ce n’est que J’ADORE CE FILM !! Il a tout pour plaire, pourquoi cette haine ? Tendresses et chocolat. Changeons un peu les habitudes : pour montrer mon soutien entier et ma dévotion pour ce film je vais répondre à ces critiques bien trop injustes et négatives le concernant.

 

“Le film est prétentieux, il se fiche de nous ! On s’attendait à du Cinquième élément et on se retrouve avec un blockbuster concon… »

Où est-il marqué/dit qu’on aura un futur alternatif avec tout ce qui fait un film de science fiction inspiré d’un roman d’Isaac Asimov ? (Oui. Je m’instruis parfois). Luc Besson voulait faire SON film de SF, il voulait depuis longtemps concurrencer les grosses boites américaines, montrer le potentiel et l’avenir du cinéma français dans le monde. Et ça fait du bien, d’enfin avoir un block buster court. Il ne tourne pas en rond, il offre de belles scènes d’action rythmées et bourrins, mais surtout une belle imagerie en règle générale. Besson est connu pour ça, après tout il est de la nouvelle vague. La scène de timelapse est juste grandiose, les visions que Lucy a du monde sont d’un raffiné et d’une qualité sublime. (voir la bande annonce à 1:30 et à 2:07)

 

“Le speech de départ est débile ! Tout le monde sait que c’est faux, qu’on utilise plus de 10% de notre cerveau ! Ca casse la crédibilité du film”

ÉVIDEMMENT que c’est faux, on est dans un film de science fiction, mais voyez vous-même le poster anglais (voire français): on peut le traduire par “Imaginez ce qu’elle peut faire avec 100% (de son cerveau)”. Imaginez. IMAGINEZ ! Luc Besson n’a jamais dit qu’il voulait démontrer une vérité générale, que c’est réellement ce que l’Homme pourrait faire s’il était super intelligent. Le réalisateur est parti dans son délire, et il reste cohérent dans ce qu’il raconte. C’était certes risqué de se vendre sur cette promesse, mais je crois qu’il pensait que le public comprendrait… et bien sûr que le ton du film est décalé, voyez par vous-même le dernière acte du film ou encore l’humour piquant deçà delà.

 

“Le personnage de Lucy n’est pas assez développé, les personnages secondaires sont trop caricaturaux et/ou ne servent à rien”

Pour ce qui est des personnages secondaires, ce sont des schémas archétypaux de la filmographie de Besson. Les méchants asiatiques, la police humiliée et incompétente, les explications scientifiques abracadabrantes, tout ces clichés sont vus et revus et Besson en joue. A quoi vous attendiez-vous ? C’est comme si on se disait “Tiens, j’ai une envie de calme et de sérénité, de non-violent et de lyrisme… Et si j’allais voir Inglorious Basterds ou Kill Bill ?”. C’est même, pour moi, ce qui fait en un sens le charme de ces films d’actions, on dirait un hommage à ce qui a déjà été fait dans des films de James Bond par exemple. Si on sait les utiliser correctement.

 

Ce qui est un peu plus compréhensible, c’est de se dire que Lucy est assez vide, qu’on ne s’attache pas vraiment à elle alors que c’est le personnage principal. Si on se penche d’avantage sur les précédents films tel que les incontournables Léon, Nikita ou encore Subway, le personnage féminin est l’un des points forts de la filmographie de Besson : elle est indépendante mais fragile émotionnellement, sale caractère voire inexpressive mais qui peut se montrer empathique. Mais dans Lucy cette absence de développement marche. Pourquoi ? parce que JUSTEMENT elle perd de son humanité, elle devient de plus en plus antipathique.  Son astronomique accumulation de connaissances finit par lui faire perdre toute humanité. A quoi bon s’adonner à des sentiments et à la réflexion, à la recherche du sens de sa vie si elle sait déjà LA vérité ? C’est un personnage intéressant, qui démontre la portée accessible et philosophique du message qu’envoie le film. Un message comportant plusieurs questions sur notre relation au temps. L’Homme est-il prêt à connaître le sens de son existence ? Le moment où elle se rend compte de sa perte d’humanité et qu’elle téléphone à sa mère pour lui raconter une dernière fois ce qu’elle ressent est une scène poignante qui montre tout l’enjeu de ce personnage.

 

 

 

Finalement les critiques faites, je pense, viennent surtout de ceux qui reprochent quelque chose à Besson lui-même et non à Lucy, ou alors ceux qui n’ont pas réussi à s’évader dans son univers visuel. C’est un film qui tient toutes ses promesses, qui se met en quatre pour à la fois nous divertir, nous émerveiller et en même temps nous faire réfléchir.

Tic

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