L’ Interview qui tue ! ou la polémique inutile

 

*soupir* L’ Interview qui tue ! (ou The Interview en VO) est une comédie d’Evan Goldberg et Seth Rogen, des habitués du genre: Townies ou This is the end, avec en rôle principal Seth Rogen (Townies, En cloque : mode d’emploi, Délire Express) et James Franco (This is the end, Spring Breaker, Le monde fantastique d’Oz). L’histoire tourne autour d’un animateur de talk-show à succès et de son producteur qui se retrouvent enrôlés dans une mission pour la CIA afin de tuer Kim Jong-Un. Mais si vous avez regardé les infos il y a 3 mois de cela, vous connaissiez déjà le synopsis. Bien sûr, à peine sorti dans les salles américaines, la Corée du Nord se fâche et décide de pirater Sony afin d’empêcher sa diffusion. Lors de sa sortie française le 28 janvier dernier, quelques salles se sont “rebellés” et l’ont diffusé à leurs “risques et périls”. Autant dire qu’avec tout ce tapage médiatique, il fallait que je jette un coup d’oeil pour voir si cela valait vraiment la peine… Non. Non, clairement, ça n’en valait pas la peine.

Donc je vais la faire courte. Et je ne manquerai pas l’occasion de faire payer toute la comédie made in Hollywood. Mais commençons par The Interview. Heuuuuu… Il n’y a pas grand chose à dire sur ce film. Le jeu d’acteur passe mais sans plus, l’histoire est prévisible et simplette, les personnages sont soit des caricatures (l’animateur vu comme un “abruti d’américain”), soit des satires mal faites (Kim Jong-Un serait en réalité un homme comme les autres, qui manipule la population et les médias ? On ne s’en serait pas douté !) ou tout simplement bêtes comme leurs pieds.

La musique n’est qu’une playlist appartenant à un adolescent de 13 ans qui veut se donner un genre, sans oublier l’humour graveleux, à base de pipi-caca, d’allusions sexuelles et de références pop culturelles sans grand intérêt, si ce n’est celui de placer une référence pop culturelle… Il y a cependant quelques très belles scènes (les prises en hélico notamment ou les plans larges qui montrent les locaux privés du dirigeant nord-coréen). Au final les amateurs de la comédie bas de gamme adoreront, tandis que les néophytes comme moi non.

Bref, il faut quand même se rendre compte de la décadence de l’industrie ces quelques années en terme de comédie. Ce n’est tout simplement pas drôle. L’humour au cinéma c’est avant tout un jeu sur le timing. C’est un jeu dans le montage qui montre le caractère inattendu et surprenant d’une situation dans la réalité, ou un petit “twist” qu’on a pas vu venir, qui rend tout tellement absurde, ridicule, insolite et qui nous fait rire instinctivement. Regardez plutôt les films d’Edgar Wright ou les incontournables de ZAZ (non, pas la chanteuse surestimée non) pour citer quelques exemples. MAIS bien sûr, comme le cinéma est avant tout un business, les costards – cravates hollywoodiens (dits les “producteurs”) se sont dits qu’ils n’ont qu’à viser à chaque fois le même public, pour se faire de l’argent facile. Qu’est-ce que l’américain moyen et beauf aime bien ? Qu’on se moque des gays, des gros et des femmes, les clichés sur des minorités ethniques (quoique, parce que d’un point de vue culturel le réalisateur d’un film ou d’une série qui ne respecte pas un certain quota sur l’apparition de personnages de différentes ethnies est considéré comme raciste aux États-Unis), les déformations physiques et autres dégeulasseries genre les déjections, les gros mots, faire des références pour faire des références donc, les caméos de stars et surtout le sexe.

Exemple :

 

Donc il ne manque plus qu’à mélanger tout ça et on est sûr d’avoir des entrées. Quelle technique de fourbe. On nous prend vraiment pour des jambons. Ils financent des tâcherons parce qu’ils sont sûrs que ça va leur rapporter gros. Le pire dans tout ça, c’est que ça marche ! Au détriment de BONNES comédies ! Alors que L’ Interview qui tue ! fait parler de lui, on en oublie Le Dernier Pub avant la fin du monde, qui s’est mangé le fond du box-office lors de sa sortie en 2014.

 

Au final, ce film vu comme “polémique” se voit être un énième stéréotype du film comique bas de gamme américain ! Celui qu’on retrouve directe en DVD en grande surface. La comédie fait par eux pour eux. Ne leur donnez pas ce privilège, n’allez pas gaspiller 10€ pour ça. Il est disponible gratuitement en ligne, décision des réalisateurs avant d’entamer sa diffusion à l’international. A mon humble avis, ils auraient dû en rester là…


Tic

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