Les parasites : maîtres et possesseurs de la nature ? Ils vous manipulent !

Nous connaissons tous trop peu ces petites bêtes (parfois vraiment très petites, d’autres fois vraiment très grosses) qui prennent un malin plaisir à prendre le contrôle de leur(s) hôte(s) et leur font faire des choses un peu folles. Cependant, les parasites représentent, selon les études scientifiques, plus de la moitié des êtres vivants, et le plus surprenant c’est qu’ils ne travaillent pas tous à la NSA.

Mais le meilleur moyen de parler de ces minuscules terreurs est de prendre quelques exemples.

Le criquet suicidaire

 

Il est à mon avis, le plus connu de tous. Le criquet suicidaire. Oui vous avez bien lu. Mais dommage pour ces malheureux, la psychiatrie pour criquets est à ce jour encore peu développée… Quand bien même, elle ne changerait pas grand chose à leur sort. Une fois qu’ils ont eu la mauvaise idée d’avaler la larve d’un ver gordien, ou nématomorphe, et qu’il est arrivé à taille adulte, c’est la fin pour eux. Ce ver a besoin d’aller dans l’eau pour pouvoir se reproduire, il va donc relâcher des protéines dans le cerveau du criquet qui vont l’embrouiller et le faire se comporter de manière erratique. De telle sorte que quand le criquet va se retrouver près d’une source d’eau, il va spontanément se jeter dedans. Pendant que cet adorable hôtel portatif se noie, le ver va tranquillement sortir de sa résidence temporelle pour nager vers la liberté et… la reproduction.

Spacieux, un criquet n’est-ce pas?

Mais le plus impressionnant est que ce cycle est tellement naturel et répandu, les cadavres de criquets morts dans les rivières constituent plus de 60% de l’alimentation des poissons y habitant…

 

Le Démotivateur

Dans la même famille : “j’utilise mon hôte comme un palace”, j’ai demandé le Schistocephalus, dont rien que le nom barbare, que vous ne pourrez pas prononcer sans inonder votre interlocuteur de postillons, devrait vous faire frémir. Si ça ne suffit pas à vous foutre la chaire de poule, attendez de voir une photo de cette mignonne petite chose.

Comme vous avez dû le comprendre, ce parasite au nom poétique est encore une fois un ver. Il est d’humeur changeante pour ce qui est de sa résidence : il se reproduit et naît dans l’estomac d’un oiseau pêcheur, et une fois les oeufs pondus ils sont délicatement éjectés du volatile par voie naturelle.

Les oeufs sont alors gobés par un petit crustacé qui passait par la, et ce même crustacé (au joli surnom de copepoda) se fait alors engloutir par un épinoche (un petit poisson) qui se baladait dans le même coin. Cependant, même si on aurait pu croire que ce ver parasite était dès la naissance dans la merde (ahah), c’est une fois qu’il sera dans l’innocent petit poisson qu’il va exprimer sa vraie nature. Il va d’abord pousser l’épinoche à nager vers des eaux plus chaudes, afin qu’il puisse se développer plus rapidement. Puis une fois sa taille (parfois aussi grande que le poisson lui même) adulte est atteinte, il va forcer l’épinoche à s’éloigner du groupe afin qu’il soit une proie idéale pour les oiseaux mangeurs de poissons, son organisme cible.

Mais il ne s’arrête pas là, ce ne serait pas assez fun. Il va ôter au poisson toute peur des prédateurs, de telle sorte qu’il ne fuira plus comme il se doit lorsque un oiseau pique une tête, mais qu’il restera sans broncher, attendant patiemment de se faire dévorer. Et dévoré il se fait.

 

Pokémon version Rubis

Impressionant n’est-ce pas ? Peut-être pas autant que Myrmeconema neotropicum, un nématode qui parasite les fourmis sud-américaines. Cette fourmi vit dans les forêts tropicales pleines d’oiseaux, qui seront d’ailleurs l’organisme visé par le parasite. Une fois donc que ce mignon petit nématode infecte une fourmi, il va changer son apparence: en effet, une énorme boule rouge appétissante va pousser sur le postérieur de la fourmi, comme ceci:

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Mais, me diriez-vous, quel est l’intérêt de ce gros œdème placé sur ses fesses ? Eh bien tout simplement, les oiseaux dans lesquels le nématode pourra se reproduire sont très friands de baies. Vous commencez à venir voir le truc ? Si non, cette photo devrait vous aider à comprendre :

Nous avons donc une superbe fourmi-baie (non ce n’est pas un pokémon), qui présente ainsi une cible idéale pour les oiseaux. Si un jour votre postérieur se met à gonfler et à devenir rouge, assurez-vous qu’il n’y ai pas d’oiseaux dehors et allez voir votre médecin.

 

La chenille Heavy-Metal

Passons tout de suite à la guêpe au nom guttural de Glyptapenteles, qui transforme les chenilles en amatrice de Death Metal. En effet, cette guêpe va attaquer une chenille et lui pondre jusqu’à 80 œufs en elle avant de la laisser tranquille, seulement pour un moment… En effet, arrive un jour où les petites larves, bien au chaud dans le corps de leur hôte dont elles se nourrissent, deviennent adolescentes et font donc leur coming out. Littéralement. Elle sortent du corps de la chenille et forment alors un petit cocon à côté d’elle. Toutes ? Non. Une petite poignée d’envahisseurs va rester dans le corps de la chenille hébétée pour en prendre le contrôle. Ils vont la forcer à s’agiter frénétiquement dès que quoi que ce soit approchera des cocons, en bougeant dans tous les sens.

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En conclusion, nous avons donc une chenille zombie, garde du corps, kamikaze, qui fait du headbang à tout va. Vous commencez à saisir le sens de l’humour de la nature ? Voici une vidéo de l’équivalent d’un concert de métal pour une chenille infectée :

 

Le Cafard enchaîné

Un autre exemple, et pas des moindres, de guêpe parasite est celui de l’Ampulex compressa. Cette guêpe va, comme vous et moi, aller promener son petit chien. Ed Yong explique comment, dans sa conférence sur les parasites :”C’est reconnu universellement qu’une de ces guêpes en possession d’œufs fertilisés va chercher à se procurer un cafard. Quand elle l’a trouvé, elle le pique avec son dard qui est aussi un organe de sens. Ce dernier est équipé de petites bosses sensorielles qui lui permettent de ressentir la texture du cerveau du cafard. Un peu comme quelqu’un farfouillant dans un sac, elle trouve le cerveau, et y injecte un poison à deux endroits très précis.” Ce poison va avoir comme propriété de retirer toute volontés de fuite du cafard. Le cafard pourrait s’échapper, s’envoler ou même s’enfuir en courant et en criant “Maman !” s’il le voulait, mais le fait est : il ne le veut pas, car la guêpe lui a retiré toute liberté de penser. A partir de là, la guêpe va ramener le cafard à son nid comme on ramène un bon toutou à sa maison, comme sur la photo ci-contre :

Elle va ensuite, comme tous ses collègues parasites, lui pondre des œufs à l’intérieur et utiliser le pauvre cafard comme une couveuse. Nourrice qu’il faudra éliminer d’un dard dans la tête une fois son C.D.D. terminé. Voici donc un schéma de ce que vous faîtes lorsque vous écrasez une de ces créatures destructrices de liberté de pensée et d’agir :

 

 

Le ver peintre

Dans la continuité, je voudrais dans la famille “je change les habitudes de mon hôte afin qu’il puisse finir ou je veux, particulièrement dans l’estomac de quelqu’un d’autre”, j’ai nommé Flamingolepis liguloides. Encore un nom charmant. Ce ver est un boyau long et vivant avec les organes génitaux à un bout et une bouche crochue à l’autre, exactement comme un homme politique. Voici les petites crevettes appelées Artemia, que ce ver parasite… parasite.

 

Selon vous, lorsque les animaux vivent en groupe, c’est pour se protéger, n’est-ce pas ? Et bah non, perdu. Ici, l’organisme cible du ver est le flamand rose, dans lequel il se reproduira, et pour se faire, en infectant la pauvre crevette, il va changer son train de vie. Mais pas seulement le sien, celui de tout le groupe. Il va d’abord castrer l’artémie avant de la faire non seulement nager en groupe, mais de la faire changer de couleur ! D’un blanc cassé comme la photo ci-dessus à un rouge vif.

Mettez-vous à la place d’un flamand rose, il est tout de même plus simple de trouver des crevettes – dont vous raffolez – quand elles sont rouge vif et qu’elles nagent en groupe ! C’est exactement ce que se dit ce ver solitaire. Ce qui m’amène à une question. Est-ce vraiment normal que vous ayez le même mode de réflexion qu’un parasite ?

 

Toxoco-Man

Afin d’embrancher sur les parasites humains, parlons du protozoaire Toxoplasma gondii, ou Toxo, parce que toute créature terrifiante possède un petit surnom mignon. Toxo est un être unicellulaire, dont voici la photo de son plus beau profil :

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Toxo infecte une grande majorité des mammifères existant, mais il ne peut se reproduire uniquement que dans un chat. C’est pourquoi, lorsqu’il va infecter un rat ou une souris, il va transformer celui ou celle-ci en “missile cherche-cat” comme le comparera la scientifique Joanne Webster. En effet, par l’action d’une enzyme, la dopamine, qu’il va relâcher dans l’organisme de la souris, il va influencer la zone du cerveau correspondant à l’excitation sexuelle, de telle sorte que quand une souris va sentir de l’urine de chat, elle va contrairement au bon sens ne pas fuir, mais courir vers le chat. Celui-ci, comblé d’être servi comme au MouseDrive, va se régaler de la souris, et laisser ainsi le parasite se reproduire.

Même si on en connaît de plus en plus sur les parasites, nous ne connaissons encore que très peu de choses à leur sujet. Le circuit et les moyens exacts qu’ils utilisent pour manipuler leur hôte nous sont encore flou. Ce qui est certain en revanche, c’est que Toxo est une cellule unique. Toxo n’a pas de cerveau, pas de conscience, il ne réfléchit pas. Il n’a même pas d’enveloppe corporelle et il parvient à contrôler des mammifères ? Nous sommes des mammifères au même titre que le rat. Nous possédons une intelligence supérieure à celle du rat bien sûr -et encore l’actualité récente cherche à nous démontrer le contraire- mais la structure de base est la même. D’ailleurs nous faisons nos expériences sur les rats avant de les tester sur les hommes…

 

Un humain sur trois est infecté par Toxo !

Lol science humor

Ça y est, la peur vient de vous envahir, vous êtes persuadés qu’un calamar géant de l’espace se cache dans votre narine droite. Et bien vous n’avez pas complètement tort.

En effet, une étude statistique a prouvé qu’en moyenne, un humain sur trois est infecté par Toxo. Calmez-vous, il ne provoque pas de maladies graves sauf chez les femmes enceintes où ça peut se révéler problématique. Cependant, de nombreuses études statistiques ont montré que les individus infecté sont sous une certaine influence du parasite à faire froid dans le dos. Même si les chystes qu’il produit en se logeant dans votre cerveau représente moins de 1% du volume de celui-ci, il a des répercussions loin d’être anodines.

En effet, les individus infectés sont apparemment plus à même d’avoir un accident de voiture, et ils obtiennent des résultats différents aux tests de personnalité par rapport à une population non infectée. Plus inquiétant, une étude publiée par le journal d’Oxford avance que les personnes infectées par Toxo sont plus susceptibles de développer une schizophrénie. Information à prendre avec des pincettes, cette maladie est beaucoup plus complexe qu’une infection parasitaire; mais les statistiques montrent bien une corrélation entre ce trouble et le parasite.

Les parasites sont présents dans la grande majorité des être vivants, et il est impensable que l’homme ne soit pas touché ni manipulé par ceux-ci. Il existe de nombreux autres parasites aux facultés toutes plus amusantes les unes que les autres, mais il faudra demander un autre article pour ceux-là…

Enfin ce n’est peut-être qu’un parasite dont vous êtes l’hôte qui vous amène à lire cet article !

 

Jules Grévin

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