Rendre le droit de vote obligatoire est-il une solution pour impliquer les Français dans la vie politique ?

En France, le suffrage universel masculin a été adopté en 1848 et étendu aux femmes en 1944. Le 29 mars dernier, pour le second tour des élections départementales, un Français sur deux a voté… ou s’est abstenu (l’abstention a été de 50.01%).

Un certain nombre de démocraties pratiquent le droit de vote obligatoire (22 pays l’appliquent dans le monde mais ce ne sont pas tous des démocraties) : par exemple la Belgique, la Suisse (dans un canton), l’Argentine, le Brésil, l’Australie, Singapour…etc. Dans ces pays, la sanction peut prendre la forme d’amendes et même aller jusqu’à des peines de prison voire la privation des droits civiques… mais très rarement appliquées !).

Est-ce vraiment une solution ? Les avis sont partagés…

Les arguments en faveur du droit de vote obligatoire insistent sur la nécessaire implication des citoyens dans la vie politique du pays afin qu’ils s’identifient aux élus et que la démocratie représentative puisse fonctionner correctement… « voter est un droit, c’est aussi un devoir civique », c’est ce qui est inscrit sur chaque carte électorale : dans ce cas ne serait-il pas logique que le vote soit obligatoire (comme le fait de payer l’impôt ?)

 

Que pourrait apporter un droit de vote obligatoire ?

  • les citoyens s’intéresserait peut-être davantage à la vie politique, au moins de manière minimale au moment des élections. Ils seraient en tout cas amenés à mieux connaître le fonctionnement politique du pays, par la force des choses !
  • cela permettrait d’avoir un meilleur reflet de l’opinion publique (on ne sait pas ce que pensent les abstentionnistes), une meilleure représentation de la population (au moins des plus de 18 ans… : dans certains pays comme en Argentine ou au Brésil on peut même voter – de manière non obligatoire – à partir de 16 ans… mais c’est un autre débat !)

Bref, personne (ou en tout cas beaucoup moins de gens) ne serait mis à l’écart, la démocratie serait mieux appliquée si tout le monde votait.

 

Finalement, rendre le droit de vote obligatoire n’est-il pas l’aboutissement naturel du long  combat mené en faveur du suffrage universel ?

Mais  on peut aussi trouver des arguments forts, en défaveur du droit de vote obligatoire, le premier étant que voter est un droit et qu’un droit ne peut pas être une obligation. Dans une démocratie chacun doit pouvoir être libre de choisir, y compris de ne pas voter ; chacun a le droit de s’intéresser, de participer ou non à la vie politique de son pays. Finalement, ne peut-on pas penser que ceux qui votent sont ceux qui ont pris le temps de la réflexion, et que c’est plutôt bénéfique pour la démocratie ? Quant à ceux qui ne votent pas, ils confient leur sort aux autres…

De toute façon, rendre le droit de vote ne supprimerait pas l’abstention ou le vote nul : on n’aura jamais 100% de suffrage exprimé (on n’est pas dans un régime totalitaire !).

Quant aux sanctions à l’égard de ceux qui ne vont pas voter, ne sont-elles pas en contradiction avec les valeurs de la démocratie ? Réprimer pour ne pas avoir voté, n’est-il pas encore plus contre-productif et décourageant pour les citoyens ?

Aller voter est une expression de la volonté du citoyen, de sa liberté et ne peut donc être rendu obligatoire. Alors, comment faire avancer ce débat ?

On est tous d’accord pour dire que le droit de vote est fondamental pour le fonctionnement démocratique et qu’une abstention trop élevée est dangereuse pour la démocratie. Pour surmonter ce problème et pour motiver les citoyens  à s’intéresser à la vie politique, peut-être y aurait-il d’autres moyens que de rendre le vote obligatoire ?

Par exemple améliorer la communication entre les citoyens et leurs élus : que l’action des élus soit plus lisible, mieux expliquée afin que les citoyens comprennent mieux et prennent conscience qu’un élu sert à quelque chose !

Par exemple favoriser l’organisation de débats entre citoyens, débats qui permettraient d’échanger et d’apprendre à accepter les opinions des autres : cela renforcerait la cohésion sociale et ne pourrait être que bénéfique à la démocratie.

En résumé, le débat reste ouvert… et vous qu’en pensez-vous… ?

 

Recherches, débat et rédaction menés par Clémentine, Faustine, Juliette, Pierre, Augustin, Foulques, Pia, Agathe, Mahaut, Axelle, Anissa, Fleur, Diane, Ferdinand et Blanche (1ère E3), supervisés par A. Daigne.

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