U4

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Qu’arriverait-il au monde, à la France, si les adolescents devaient se débrouiller sans adultes ? Quels seraient les causes, les conséquences d’événements pareils ?

 

La tétralogie U4 nous donne un aperçu de ces futurs apocalyptiques avec un concept très original : 4 livres, 4 auteurs, 4 personnages principaux, mais une seule et même histoire. Présenté avec un résumé concis et mystérieux (ci-dessous), les quatre livres aux couvertures sobres ne demandent qu’à être ouverts.

« Stéphane, Yannis, Koridwen, Jules ont entre 15 et 18 ans. Ils ont survécu au virus U4, qui a décimé 90 % de la population mondiale. Ils ne se connaissent pas, mais ils se rendent pourtant au même rendez-vous. »

Quatre tomes pour raconter comment chaque adolescent va se débrouiller avec la mort soudaine de tous ses proches, la menace d’un virus mortel et la perte de tous les repères. Chacun du point de vue interne d’un personnage, ils nous permettent, à nous adolescents, de nous identifier à travers ces personnages qui passent par tous les états et les sentiments possibles. Les tomes peuvent se lire dans n’importe quel ordre car chaque histoire est différente et indépendante l’une de l’autre, même si les personnages se croisent et se recroisent, s’aiment, se détestent, se menacent, s’abandonnent, s’entraident, vivent comme ils le peuvent.

Les quatre personnages sont reliés par une seule chose : WOT, soit Warriors Of Time, un jeu en réseau multi-joueurs. Les meilleurs joueurs, « les Experts », sont au nombre approximatif de 150 sur le territoire français. Kronos, le maître du jeu, leur envoi un dernier message. Il leur donne rendez-vous le soir de Noël à Paris, avec la promesse impensable de remonter le temps afin d’éviter la catastrophe. Ce dernier message, envoyé le 1er novembre, marque le commencement de l’histoire. Le contexte à ce moment-là : le virus s’est propagé depuis 10 jours, tuant 90 % de la population mondiale. Les seuls survivants sont des adolescents ainsi que quelques militaires et médecins parmi les adultes. La nourriture et l’eau potable commencent à manquer. Internet est instable. L’électricité et les réseaux de communication menacent de s’éteindre. Comment nos personnages vont-ils s’en sortir ?
Mais surtout, qui sont ces personnes, seulement caractérisés par un prénom et un visage sur la première de couverture de leur livre ?

 

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Stéphane est une jeune fille au style particulier et aux cheveux gris. Parents divorcés, elle vit avec son père, un épidémiologiste reconnu qui voyage aux quatre coins du monde. Sa mère et son petit frère vivent depuis peu en Bretagne, avec son beau-père. Lorsque l’épidémie se déclenche, elle est seule chez elle, à Lyon. Elle n’a aucune nouvelle de son père, sa mère et son frère. Elle veut rester indépendante, mais rejoint un R-Point (lieu de rassemblement organisé par l’armée) afin d’aider au niveau de l’hôpital. Plutôt violente, elle n’hésite pas à utiliser ses capacités physiques et son sang-froid pour arriver à ses fins. Elle est décidée à retrouver sa famille à Paris, persuader que son père arrivera à tout arranger. Son avatar sur WOT : Lady Rottweiler.

 

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Yannis est un jeune homme hanté par la mort de ses parents et de sa petite sœur. Il décide de remonter de Marseille jusqu’à Paris afin de rencontrer les autres Experts, tout en passant par Lyon pour rencontrer la joueuse Lady Rottweiler. Courageux, juste, il est toujours accompagné de son fidèle chien Happy. Tourmenté mais intelligent, il trouve toujours un moyen de s’en sortir. Son avatar : Chevalier Adrial

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Jules est un jeune parisien mal dans sa peau, apeuré par les évènements. Il cherche de l’aide auprès de son frère Pierre, qui l’abandonne afin de rejoindre un des gangs qui se sont instaurés dans la capitale. Il se rallie à la communauté créée par deux de ses amis après avoir trouvé une petite fille de cinq ans, fan de Dora l’Exploratrice, qui a miraculeusement survécu au virus. Loyal, compréhensif et serviable, il fait passer ses sentiments avant les consignes qui lui sont données, permettant de retrouver de l’humanité dans ce monde devenu dangereux et impitoyable. Son avatar : Spider Snake

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Koridwen est une jeune fermière bretonne, à moitié sorcière selon sa grand-mère. Elle est totalement autonome et ne se laisse pas faire. Elle s’occupe de son cousin Max, handicapé mental, et choisit de se rendre à Paris en tracteur afin de se préparer pour le rendez-vous du 24 décembre. Elle sait s’entourer des bonnes personnes et n’hésitent pas à menacer les autres, bien que cela lui porte préjudice quelquefois. Suivie tout le long de l’histoire par une comptine bretonne fantastique, son histoire prend une dimension plus mystique et irréaliste que les autres. Son avatar : Koridwen, seule personnage à garder son vrai prénom en tant que pseudo.

 

Chaque personnage a ses qualités mais surtout ses défauts : personne n’est parfait, ce ne sont pas des héros. Ils réagissent tous d’une façon différente face à ce changement radical de vie, certain devenant presque fou et paranoïaque.

Ce que j’ai adoré dans ces livres, que j’ai dévorés en deux semaines, c’est leur réalisme impressionnant. Les adolescents ne sont pas d’hasardeux miraculés : ils sont vivants pour une raison que nous découvrons. Tous les personnages ne s’en sortent pas, certains meurent sans aucune raison apparente, seulement due à l’injustice de la vie. La menace est bien présente : on la ressent,, on est anxieux, on souffre autant qu’eux. Et puis, ENFIN une dystopie française ! J’en attendais une, et je ne suis pas déçue du résultat ! Les auteurs ont chacun leur style, sans que ceux-ci soient trop différents. Deux filles, deux garçons, parité parfaite. Les personnages sont complexes, parfaitement dépeints, il y en a une multitude, tous très intéressants. Les personnages principaux évoluent énormément, de manière méliorative ou péjorative. Chacun vit des événements traumatisants.

Le projet en lui-même est génial, et il permet de lire plusieurs fois les livres, et de vivre une expérience différente à chaque fois : en effet, même si les livres peuvent se lire dans n’importe quel ordre, votre choix influencera votre perception de l’histoire. Car si on connaît déjà les principaux événements, on aperçoit seulement quelques fragments des autres histoires, ce qui attise la curiosité du lecteur ! Pour ma part, j’ai lu les livres dans cet ordre : Stéphane, Yannis, Jules et enfin Koridwen. C’est parfait comme ça !  Pourquoi ? J’ai pu avoir toutes les informations sur le virus U4 dans le premier livre, puisque Stéphane est la fille d’un épidémiologiste. Ainsi, je n’avais pas à me poser des questions inutiles à ce sujet lors de la lecture des autres livres. Le choix de Yannis en deuxième était logique puisque lui et Stéphane se retrouvent en duo une bonne partie de l’histoire. Jules arriva le troisième pour deux raisons : tout d’abord parce qu’un fragment de son histoire dans le livre Yannis m’avait énormément intriguée, mais également parce que je voulais garder Koridwen pour la fin car elle paraissait être la plus mystérieuse et je savais d’une amie qu’Yves Grevet était un très bon auteur. Le « meilleur » pour la fin en quelque sorte ! Je prévois bientôt de relire les livres mais journée par journée, j’aurai ainsi une vision totalement différente de l’histoire.

Un autre point positif est le fait que la fin est ouverte à toutes les possibilités, ou plutôt les fins devrais-je dire, puisqu’elles diffèrent selon les livres.

… Une suite est d’ailleurs annoncée…

J’espère que cet article vous aura donné envie de lire cette tétralogie spécialement écrite pour la jeunesse, une des meilleures séries que je n’ai jamais lues.

  Anaïs Wagner

 

 

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